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méthode
Pourquoi je ne fais plus de mood-board.
Sept ans à coller des images sur Figma. Ce qui a remplacé, et pourquoi mes clients ne s'en plaignent plus.
Au début, je faisais des mood-boards parce que tout le monde faisait des mood-boards. C'était la case à cocher entre le brief et le vrai travail. Tu récupères des images sur Pinterest, tu en poses une vingtaine sur un canvas Figma, tu arranges ça dans une grille vaguement harmonieuse, et tu appelles ça « la direction créative ».
Les clients adoraient. Ils commentaient les photos. Ils en choisissaient certaines plutôt que d'autres. La réunion de validation se passait bien. Et deux semaines plus tard, quand j'arrivais avec les premières maquettes, on recommençait tout depuis zéro parce que les images ne voulaient rien dire.
Le mood-board, c'est une illusion d'alignement. Il donne l'impression qu'on parle de la même chose, alors qu'on projette chacun quelque chose de différent sur les mêmes pixels.
Le problème avec les images
Quand tu montres une photo d'architecture brutaliste à un client, il voit peut-être « sérieux et solide ». Un autre voit « froid et agressif ». Un troisième voit « moderne et audacieux ». La même image. Trois lectures. Et toi, tu pars en production avec la conviction que tout le monde a validé la même chose.
Les mots sont plus précis que les images, paradoxalement. Dire « je veux que les gens se sentent entre de bonnes mains dès la première ligne » est infiniment plus utile qu'une photo de spa scandinave sur laquelle le client a mis un cœur.
Un mood-board répond à la question « ça ressemble à quoi ? ». Ce que je veux savoir, c'est « qu'est-ce que ça fait ressentir ? ». Ce n'est pas la même question.
Ce que j'ai mis à la place
J'ai remplacé le mood-board par ce que j'appelle un ancrage sémantique. C'est une liste de cinq à sept paires d'adjectifs opposés, sur lesquelles le client se positionne. Pas avec des images. Avec des mots.
Exemple concret :
– Chaleureux ←→ Autoritaire
– Radical ←→ Rassurant
– Minimaliste ←→ Généreux
– Institutionnel ←→ Humain
– Statique ←→ En mouvement
Le client se positionne sur chaque axe. Il peut aussi expliquer pourquoi. En vingt minutes, j'ai plus d'informations utiles qu'avec deux heures de mood-board commenté. Et surtout, j'ai un document auquel je peux revenir à chaque décision de design pour vérifier que je suis cohérent.
Le design, c'est de la traduction. Il faut savoir ce qu'on traduit avant de choisir les mots.
Est-ce que les clients regrettent les mood-boards ?
Non. Et c'est ce qui m'a le plus surprise. J'avais peur que ça fasse moins pro, moins « agence ». Qu'ils s'attendent à voir des jolies images et soient déçus.
En réalité, la plupart ont trouvé l'exercice plus intéressant. Plus utile. Certains m'ont dit que c'était la première fois qu'ils avaient l'impression de vraiment réfléchir à ce qu'ils voulaient, au lieu de choisir parmi des options pré-mâchées.
Ce que je vends, ce n'est pas des images de référence. C'est une direction claire. Et une direction claire commence par des mots.
Si tu veux tester la méthode sur ton prochain projet, le template Notion est disponible en lien ci-dessous. Tu le dupliques, tu le remplis avant l'appel découverte, et on part directement sur quelque chose de concret.